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Lettre 2
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Paris, hiver 1998 Chers Amis, Voilà quelques notes après notre dernière visite à Schöngrün et les différentes rencontres de ce jour. Merci encore de votre accueil d’abord. La visite que l’on a faite du site avec Monsieur Sulzer m’a confirmé les premières réactions que l’on avait eues avec Monsieur Bernard Plattner à l’occasion de notre précédente visite. En travaillant sur la totalité du terrain de l’extrême Sud à l’extrême Nord et jusqu’au cimetière, il sera possible de réaliser les conditions de silence non seulement acoustiques mais aussi visuelles qui seront le point de départ de ce Musée. La position du Musée, elle aussi, se précise de plus en plus. Mais ce n’est pas sur ce point que je voulais vous écrire car je l’ai déjà fait longuement dans ma précédente lettre, Je voulais par contre vous dire un mot à propos des différentes conversations que l’on a eues avec les personnes après la collation. Il y a une idée, une éthique je dirai même fonctionnelle qui prend forme et qui fera sûrement l’objet d’un important travail d’aller-retour entre architecte et membres de la fondation. Des salles d’exposition en haut dans lesquelles seront exposées 200 à 300 œuvres de Paul Klee, puis des salles de conservation à un étage probablement inférieur où le reste du trésor repose. Mais avec la possibilité d’être visitée par des spécialistes, un iceberg on peut dire dont la partie visible est le 1/8e du volume hors de vue. Du coup, un rapport très mobile et dynamique s’instaure entre les réserves et l’exposition qui permettra de « réinventer » le musée avec une cadence à établir. Tout cela est essentiel pour que ce musée soit toujours nouveau mais bien sûr des salles de conservation auront leur vie en rapport avec les autres Musées, avec l’Académie d’à côté et les chercheurs. Et dans les salles d’exposition une continuité fluide entre les salles pour les dessins (70 lux), les salles de peinture (250 lux) et les foyers (1 000 lux, vue ouverte sur le terrain protégé tout autour). Et, dans un rapport sans hypocrisie entre sacré et profane, des lieux de rencontre, de repos, de plaisir, restaurant – bar – boutiques. Et bien sûr, l’Académie, lieu vivant d’études pour les jeunes chercheurs. Tout cela sera loin d’être statique et ennuyeux. Merci de cette rencontre et j’attends avec impatience que vous me rappeliez pour commencer le travail. J’y tiens beaucoup (comme d’ailleurs mon associé Bernard Plattner) et rassurez-vous, si j’accepte ce projet, je lui donnerai toute l’attention, l’énergie et la force qu’il mérite. Merci et encore à bientôt, Renzo Piano
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